Adopter une communication inclusive, c’est rendre visible la diversité des personnes qui forment le collectif auquel on appartient. (Que l’on parle d’une communauté, d’une entreprise ou d’une société.)
Alors, comment rendre ses prises de parole plus inclusives ?
Voici quelques tips divisés en 4 étapes de niveau.
pourquoi écrire en inclusif ? – « remettre la marge au centre »
Qui n’a pas entendu la fameuse règle « le masculin l’emporte sur le féminin » ?
I did, et je parie que toi aussi. Car cet adage représente la fondation de notre grammaire moderne. Pourtant, il n’en pas toujours été ainsi. (Et oui !)
Le saviez-tu ? Au Moyen-Âge, la féminisation des professions était de mise.
À tel point qu’au XIIIème siècle, un guide d’aide à la féminisation des noms est produit. On y trouve des professions comme : « mairesse, marchande » ou « avocate, clergesse, dompteresse, philosophesse »¹.
C’est plus tard, au XVIIème siècle, que l’Académie Française lance le processus de masculinisation de la langue. Loin d’être anodine, cette nouvelle règle efface symboliquement les femmes de la sphère professionnelle et politique... Ce qui se reflète de facto dans la réalité au fil du temps.
Utiliser l’écriture inclusive, d’une certaine manière, c’est ré-équilibrer la balance et donner à voir les femmes et les minorités de genre dans la sphère publique.
☝🏾 De la même manière, utiliser des banques d’images inclusives à l’image de WOCIn Tech ou Disabled and Here permet de refléter la diversité effective des parties prenantes d’un secteur (ou d’une société).
Bon. Si tu me lis encore, c’est que tu es certainement (déjà) convaincu·e par la portée de cette écriture. Et à ce moment, la question est donc : comment je le mets en place ?
Voici donc 4 niveaux pour t’y plonger (sans boire la tasse), à la manière d’un jeu vidéo.
Let’s gooooo 🏊🏾♀️
1. beginner → écrire en doublon
« Même De Gaulle fait de l’inclusif » dit-on souvent pour convaincre ses proches à sauter le pas.
Après tout, c’est vrai. Si tous ses discours commençaient par « Français, Françaises », c’est bien parce qu’il souhaitait inclure l’ensemble de la population votante. Et celui-ci sait que mentionner uniquement les premiers occulte les deuxièmes.
Alors, si tu souhaites la jouer comme De Gaulle pour plonger dans l’écriture inclusive : go utiliser les doublets.
2. medium → écrire avec des termes épicènes
Pour celle-ci, je te propose de commencer avec un jeu.
Si je te demande de me donner la spécificité du prénom Dominique tu me réponds quoi ?
🏊🏾♀️
L’âge moyen des personnes qui le porte est de 63 ans (en 2024).
🏊🏾♀️
🏊🏾♀️ C’est un prénom mixte – à la fois masculin et féminin.
🏊🏾♀️
🏊🏾♀️ La première fois qu’on a recensé ce prénom sur les registres, c’était en 1900.
🏊🏾♀️
🏊🏾♀️ La réponse D.
Bon.
Je vais pas faire durer le suspense trop longtemps : tout est vrai.
Mais ce qui nous intéresse vraiment, c’est le fait que le prénom soit mixte. C’est cette neutralité agenrée qu’on appelle « épicène ». Et utiliser ces termes permet d’inclure facilement plusieurs segments de population sans trop modifier son écriture habituelle.
Quelques exemples :
→ Dans le domaine professionnel peut utiliser : équipe, personnel, team (si ta marque autorise les anglicismes) pour remplacer le mot « collaborateurs ».
→ De la même manière, on peut utiliser l’expression « bras droit de… » pour remplacer « assistant·e » à connotation genrée.
→ Enfin, on parler d’audience, de public ou encore de lectorat pour remplacer le terme masculin « lecteurs ».
Ça y est, tu maîtrises à merveille les doublets, tu connais le vocable épicène sur le bout des doigts, et tu meurs d’envie de passer à l’étape suivante ?
I got you covered.
Point médian : « bonjour à tous·tes »
Parenthèses : « bonjour à tous(tes) »
Ou slash : « bonjour à tous/tes »
Il faut choisir.
Une fois la syntaxe choisie, tu peux mettre en place une charte claire – à décliner sur tous tes supports. De cette manière, ton audience s’adaptera plus facilement à ta manière d’écrire. (Tu peux même faire une annonce sur tes réseaux, ton infolettre, etc. pour le prévenir et expliquer ta charte.)
⚠️
Attention cependant.
Avant d’utiliser le point médian, assure toi que ton lectorat est alerte à ce type d’écriture (ou que cela ne le dérange pas). De fait, c’est un emploi qui peut être assez clivant.
De même, c’est une écriture encore difficilement déchiffrable par les logiciels qui peuvent fractionner les termes – et complexifier la compréhension.
4. super-sayen → fusionner
Ça, c’est le niveau ultime de l’écriture inclusive.
Si tu as besoin d’aide pour fixer ta charte ou débloquer une problématique édito, je serais ravie de t’aider. Envoie moi un message pour en discuter.
Et si tu souhaites que je t’aide de manière opérationnelle à déployer ta stratégie édito, rdv sur le Studio de La piscine média.
🛟 et toi, comment tu fais ?
Petit use case pour te montrer une charte en action avec La piscine.
Comme je m’adresse à une population déjà engagée – et que cela reflète les valeurs portées par le média –, utiliser l’écriture inclusive était un non-négociable. Pour construire ma charte, j’ai décidé d’utiliser un mix de toutes ces techniques. Jouer avec les codes me permet d’alléger certaines phrases tout en gardant une cohérence.
J’écris donc ↓
→ Avec des contractions pour certains pronoms ou termes courts.
Par exemple, j’utilise « Elleux » en guise de contraction d’elle et lui. (Et « celleux » pour celles et ceux.)
→ En ayant recours au point médian ou aux anglicismes.
Par exemple, j’emploie les termes « Swimmers » (sous forme épicène) ou « nageur·ses » (sous forme écriture inclusive). Ceci me permet de remplacer le terme masculin nageurs – et désigner mon lectorat.
→ J’ai statué pour un usage du point médian ouvert.
C’est-à-dire que j’écris sous la forme : ___·es et non ___·e·s.
Ceci à la fois pour éviter « d’enfermer » symboliquement la féminisation, et aérer la lecture. Ce dernier point est d’autant plus important que les éditions de la Ploufletter sont généralement (très) denses.
Par exemple, tu pourras lire : « habitué·es du bassin » (et non habitué·e·s) dans les infolettres.
→ Toutefois…
J’adapte mon utilisation de l’inclusif à la (non-)lisibilité de certains termes – ou au réseau.
Il m’arrive d’employer le doublon « il/elle », « nouveaux/nouvelles », etc. lorsque je sens que la version contractée affecte la fluidité de la lecture. (C’est d’autant plus important que la mission de vulgarisation de La piscine repose sur l’accessibilité.)
Enfin, je prends le temps d’expliquer : certains mots de jargon, certaines références ou bien des trends citées en newsletter afin de ne laisser personne sur le bord du bassin. Et, d’une certaine manière, je considère que ceci relève également de l’inclusivité – en embarquant diverses générations / populations.
👀 si tu as le temps…
Si tu souhaites poursuivre ton immersion théorique pour mieux comprendre le sujet, je te recommande d’aller faire un plouf dans :
Déjà, elle est super bien faite. Mais surtout, elle donne pas mal de pistes sur pourquoi / comment mettre en place ta charte et réaliser tes choix éditos quand on est une marque engagée.
→ Le livre Le langage inclusif. Pourquoi ? Comment ? d’Éliane Viennot.
Il t’explique en quelques pages l’histoire derrière l’écriture inclusive. On y apprend notamment que : l’accord de proximité faisait loi ; les professions existaient au masculine ET au féminin… et que la règle « Le masculin l’emporte » a été adoptée au XVIIIème par l’Académie Française.
Quoiqu’il en soit, don’t worry, ça vient avec le temps !
👋🏾
Ici Apolline 🐋 Tu ressens le besoin d’être accompagné·e dans ton processus édito ? Tu lances ton projet et tu aurais besoin d’aide pour débloquer une problématique précise de ton branding / ta tonalité / ta communication ?
Envoie moi un message pour voir comment je peux t’aider (consultation flash ou accompagnement long).
PS – Et si tu souhaites que je t’aide à déployer ta stratégie de contenu écrite (brand writing), rdv sur le Studio de La piscine média.
Hello, ravie de t’accueillir par ici. Moi c’est Apolline 🐋.
J’ai créé La piscine média pour proposer :
→ Une newsletterpour aider les personnes minorisées à prendre leur place & sensibiliser les personnes allié·es à l’intersection entre impact et inclusion.
→ Un studio créatif pour aider les solos et les marques engagées à aligner leur communication à leurs valeurs. (Coaching édito | Brand Copywriting | Prise de parole)
→ Et un parcours introspectif « Explorer ses identités pour s’ancrer » à réaliser solo ou accompagnée pour se ré-approprier son parcours & sa voix.